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L'IMMIGRATION  ITALIENNE


Pendant plusieurs siècles, l'exploitation du charbon en Wallonie ne se fît presque exclusivement qu'avec la main d'œuvre locale. Mais à cause d'une production de plus en plus élevée, au 20ème siècle, les charbonnages wallons eurent de plus en plus recourt à des ouvriers étrangers.. En 1930, outre les ouvriers flamands travaillant dans nos mines, on dénombrait déjà 17.000 ouvriers étrangers : italiens, polonais, syriens, africains, … La première vague significative de mineurs d'origine Italienne eu lieu dans les années 1920. Il s'agissait, en général, d'opposants au régime fasciste qui s'installait, à cette époque, en Italie. Condamnés à la misère dans leur pays, ils travaillèrent notamment dans les charbonnages belges, déjà en manque de main d'œuvre à cette époque. Mais plus généralement, pour des commodités linguistiques, les antifascistes choisissent de s'installer en France, en Suisse, en Belgique et au Luxembourg.

En 1945, après la deuxième guerre mondiale, la Belgique devait relancer son économie et organiser la reconstruction du pays. Cette relance passait par "la bataille du charbon", initiée par le premier ministre Achille Van Acker, le charbon étant toujours la référence en matière énergétique. La production journalière de charbon en Belgique était moins de la moitié d'avant la guerre. Mais, la demande augmentait sans cesse. L'industrie charbonnière n'avait plus les moyens d'améliorer la sécurité de ses installations, beaucoup d'ouvriers belges préféraient dès lors travailler dans d'autres secteurs industriels. La solution était donc de recruter plus de travailleurs étrangers moins enclin à refuser les conditions de travail des charbonnages belges.

Le gouvernement belge décida d'envoyer au fond des prisonniers de guerre allemands. Fin 1945, ils étaient déjà 50.000 mais ces prisonniers furent finalement libérés. On fit donc appel à la main d'œuvre étrangère.

L'Italie sortait à cette époque de 20 ans de fascisme et la situation économique y était désastreuse, la production industrielle avait baissé de 60% et l'agriculture de 50%. Les populations les plus défavorisées, principalement du Centre et du Sud de l'Italie, souffraient de cette crise et les tensions sociales montaient. L'émigration vers d'autres pays fut donc une échappatoire pour les dirigeants italiens. Ils saisirent donc l'occasion d'exporter la main d'œuvre en Belgique, en échange du charbon indispensable à la reprise économique du pays. La Belgique ayant besoin de cette main d'œuvre, c'est le 23 juin 1946 que fut signé, à Rome, le protocole d'accord économique entre l'Italie et la Belgique. L'accord prévoyait l'envoi de 50.000 travailleurs italiens, contre l'approvisionnement payant à l'Italie de 3 millions de tonnes de charbon annuellement. Des recruteurs belges aidés d'enroleurs Italiens partirent pour l'Italie. La Belgique appâtait les ouvriers italiens grâce aux salaires attrayants mais aussi grâce à divers avantages "en nature". Et cela fonctionnait, les Italiens arrivèrent par convois entiers. Les candidats passaient une visite médicale de routine, et ensuite embarquaient dans des wagons en direction de la Belgique.

Dans l'urgence, d'anciens bâtiments des charbonnages fermés dans les années 1930 furent transformés en cantines et on aménagea en habitations d'anciens camps construits par les allemands pour loger les prisonniers de guerre russes ou encore les tunnels en tôles ondulées qui servaient aux américains pour entreposer leurs munitions. Ces logements étaient, pour la plupart, insalubres. Beaucoup de charbonnages recommençaient à être bénéficiaires malgré une concurrence de plus en plus forte ainsi que l'utilisation de "nouvelles énergies". D'autres nationalités furent aussi attirées par les charbonnages belges : espagnols, grecs, marocains ...

Vers 1955, les mineurs Italiens représentaient plus de 32 % des mineurs employés en Belgique. Mais l'accord italo-belge était régulièrement remis en question. Les conditions de vie et de travail ne correspondaient pas à ce que l'on avait décrit à la population immigrée. Suites aux accidents successifs entraînant la mort de nombreux italiens et sous la pression de l'opinion publique, l'Italie suspend à plusieurs reprise les envois de mineurs en Belgique. Le 8 février 1956, soit 6 mois avant la catastrophe du Cazier, un coup de grisou au Charbonnage du Rieu-du-Cœur à Quaregnon, provoqua huit morts (dont sept italiens). L'Italie envoya alors un fonctionnaire chargé de dresser une liste des charbonnages à interdire aux travailleurs italiens. Après la catastrophe du Bois du Cazier à Marcinelle, le coup de grâce fut donné à cet accord Italo-Belge, l'Italie réglementa l'émigration vers la Belgique. Mais les sociétés charbonnières Belge avaient anticipé, et dès 1954 des accords étaient conclus avec des pays comme la Grèce et l'Espagne. Après 1956, d'autres Italiens arrivèrent malgré tout encore pour travailler dans les mines belges.

 

 

Les mines du Hainaut étaient classées en 2ème catégorie (grisou en permanence) et 3ème catégorie (dégagements instantanés de grisou). Un arrêté royal de 1906, imposa aux sociétés charbonnières ayant des sièges de ce type de disposer d'appareils respiratoires en suffisance et d'équipes de sauveteurs entraînés.

En 1907, la première station de sauvetage de Belgique fut créée à Frameries. C'est en 1926, que furent créées les autres centrales de sauvetage du Hainaut. Pour la région de Charleroi et Basse-Sambre, la centrale de sauvetage était située à Marcinelle. Pour la région du Centre, la centrale de sauvetage était située à Ressaix et pour le Borinage, elle resta à Frameries. D'autres stations furent, par la suite créées à Liège et en Campine. Ces centrales étaient financées par les sociétés charbonnières.

Les sauveteurs des centrales du Hainaut intervenaient dans leurs région respectives mais aussi dans les autres bassins de la province. Notamment en 1934, lors de l'accident du Charbonnage du Fief de Lambrechies à Pâturages. Des sauveteurs de Ressaix et de Marcinelle allèrent prêter main forte à leurs collègues borains. Cette situation se représenta d'ailleurs à plusieurs occasions, jusqu'à l'accident du Cazier, ou des sauveteurs de toute la Belgique participèrent aux recherches.