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LA VIE DU MINEUR AU 19ème SIECLE


 

La production

Au milieu du 19ème siècle, la Belgique était la deuxième puissance industrielle mondiale. L'industrie charbonnière y occupait une place importante. La Belgique produisait plus de charbon que la France. Le Hainaut, grâce à ses trois bassins (Charleroi, Le  Centre et Le Borinage), produisait plus de 3/4 du charbon extrait en Belgique. La province comptait 234 puits d’extraction en 1860 ! Le Borinage était, à cette époque, le plus grand bassin houiller en Europe et le bassin carolo était considéré comme le bassin le plus performant au monde en matière de métallurgie. Le Hainaut bénéficia, tout au long de son exploitation charbonnière, d'un important trafic à l'exportation.

 

Cette prospérité ne se fit pas sans d'importants sacrifices humains. Les richesses engendrées par l’exploitation minière ne profitaient bien sûr pas à la population qui vivait dans la précarité et dans des conditions sanitaires déplorables.

 

 

Les conditions de travail  

Bien que le travail de mineur n’aie jamais été facile, il faut néanmoins savoir que la condition des ouvriers, et surtout le travail de mineur étaient exécrables avant le 20ème siècle. Le patronat n'avait aucun état d'âme à l’égard des ouvriers mineurs. La population ouvrière était très souvent  analphabète et inculte. L'ignorance facilitant l'exploitation, le système n’avait pas intérêt à ce que le monde ouvrier soit "instruit".

Si le mineur voulait avoir une vie décente (ce qui à notre époque représenterait la misère), il devait travailler, et ce dans des conditions très difficiles. On travaillait 6 jours sur 7, et selon les sociétés, de 10 à 15 heures par jour, pas de congés payés, pas de sécurité sociale. Les conditions sanitaires étaient inexistantes engendrant toutes sortes de maladies. La température au fond pouvait varier de 20° (350 mètres) à presque 50° (1.150 mètres) dans une atmosphère poussiéreuse. Les accidents étaient courants (coups de grisou, éboulements, inondations, …) et réguliers, entraînant des dizaines, voir parfois des centaines de morts. Beaucoup de travaux étant payés à l'avancement, la sécurité était, par appât du gain, souvent négligée par les ouvriers eux-même.

 

La descente.

 

Les conditions de vie

Les logements des familles de mineur ne comprenaient généralement qu'une seule pièce au rez-de-chaussée. Ces logements étaient assez petits, sans aucun confort, des conditions sanitaires déplorables et ils coûtaient généralement assez chers.. Par la suite, les patrons charbonniers firent construire des cités ouvrières afin d'avoir une main d'œuvre plus fidèle. Souvent ce n'étaient que des corons, mais dans certains cas, comme au Grand-Hornu ou Bois-du-Luc, les ouvriers commencèrent à bénéficier d'un certain confort.

L'alimentation de ces familles ferait pâlir les diététiciens de notre époque. Plus de la moitié de leur alimentation était constituée de pain (entre autre pour le fameux briquet du mineur) ensuite, des pommes de terre et des légumes. On mangeait de la viande le dimanche, souvent des morceaux de deuxième choix.

 

Les familles les plus modestes, ramassaient les charbons de mauvaises qualités sur les terrils. Bravant les interdictions pour pouvoir mieux se chauffer. Cette pratique s'arrêta au début du 20ème siècle.

 

 

Les divertissements

Plutôt rares au 19ème siècle car les 14 à 15 heures de labeur quotidiennes ne laissaient pas beaucoup de temps pour les divertissements surtout avec le budget d'une famille de houilleur. La semaine, sur le chemin du retour, beaucoup d'hommes de fosses repassaient au cabaret. Mais le dimanche c'est jour de repos. Les distractions étaient peu variées : le jardinage, la pêche, la messe ou le bistrot. Occasionnellement, il y avait les bals populaires, ainsi que des ducasses. Très populaires chez les prolétaires, on y retrouvait divers jeux de dont les fameux mats de cocagne.

 

A la cantine.

 

 

L’alcoolisme

Si l’on imagine les conditions de vies de ces gens, il n’est pas étonnant que beaucoup sombraient dans l’alcoolisme. En effet, à cette époque, plus de 50 % du prolétariat était alcoolique. Nombre de travailleurs noyaient leur désespoir dans l’alcool. Fin du 20ème siècle les cabarets pullulaient dans les rues, la moyenne Belge, était de 1 pour 30 habitants. Mais aux alentours des charbonnages la concentration étaient plus forte. Les patrons n’appréciaient pas car bien que beaucoup de mineurs se rendaient dans ces cabarets en rentrant du travail, certains y allaient avant d’aller travailler. Chaque année, plus de 20.000 personnes mouraient à cause de l’alcool, et dix fois plus étaient atteintes d'une maladie liée à l'alcoolisme. De nombreux accidents dans le fond étaient provoqués par des ouvriers ayant consommé de l’alcool. Sans oublier les fous et les suicides qui en découlaient. Les prisonniers purgeant une peine pour ivrognerie représentaient 75% de la population carcérale. Sans compter, ce que ce fléau engendrait comme problèmes au sein du foyer.

 

 

Autres répércutions

Les enfants travaillaient très jeunes, en général vers 7 ou 8 ans (parfois, pour les embaucher plus jeune, on trichait sur leur âge ). On les affectait à de petites tâches mais pas moins dangereuses.

Les mineurs étaient en général peu disciplinés, les bagarres n'étaient pas rare, et les mœurs n’existaient presque pas. Les femmes travaillant au fond subissaient souvent les "assauts" de leurs collègues masculins et/ou de leur chef. Les viols n’étaient pas rares et donc les enfants illégitimes non plus.

 

 

Les changements

En résumé, les conditions de vie et de travail de cette couche de la population étaient extrêmes. L’ignorance de ces gens était entretenue, ce qui les entraînaient dans un cercle vicieux les enfants en bas âge mis au travail et donc sans instruction à leur tour. En somme un peuple complètement abruti et se détruisant à cause de leur précarité. Alors que d’autres s’enrichissaient sur le dos de cette misère, voilà la réalité du mineur avant le 20ème siècle.

Mais, des lois furent votées pour stopper cette hémorragie (1889 : interdiction de travail dans les houillères, pour les enfants de moins de 12 ans, 1914 : aux enfants de moins de 14 ans, 1919 grâce à Emile Vandervelde : interdiction de la vente d’alcool dans les lieux publics,...). Des hommes se sont battus pour améliorer la vie des ouvriers (syndicats, nombreuses grèves, amélioration de la sécurité, …). Et c’est ainsi que les conditions de travail des ouvriers en général se sont considérablement améliorées au cours du 20ème siècle. En 1936, une grève générale entraîna plusieurs réformes qui améliorèrent la condition ouvrière : la semaine de 40 heures, l'octroi des congés payés, le salaire minima. Par la suite, la bataille du charbon eu d’autres effets positifs pour les mineurs et pour la classe ouvrière plus généralement.

Dans tous ces mineurs, beaucoup ont commencé à travailler très jeunes à la mine, certains y ont certainement travaillé très vieux aussi. Pour d’autre la vie s’est arrêtée au fond, très tôt.